Automne et myopathie atypique

LES CHEVAUX EN AUTOMNE : ATTENTION A LA MYOPATHIE ATYPIQUE.

La myopathie atypique (MA) ou myoglobinurie atypique est une maladie saisonnière bien présente en France. Les premiers cas ont étés recensés sur notre territoire en 2002.

Elle se caractérise par une destruction des muscles squelettiques mais aussi des muscles respiratoires et cardiaques.

La cause récemment étudiée est une toxine présente dan les graines de certains arbres du genre Acer (Erable), dont l’Acer pseudoplatanus (=sycomore) et negundo.

C’est une maladie généralement fatale. Elle touche les équidés de toutes espèces (chevaux,poneys, ânes,zèbres), séjournant en pâture une grande partie de la journée.

La MA n’est pas une maladie contagieuse mais vu son origine environnementale, plusieurs chevaux pâturant sur une même prairie peuvent être affectés. Ces séries cliniques se déclarent essentiellement au printemps ( suite à la pousse de plantules) et en automne ( suite à la chute des samares).

Depuis 2006, l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, la France, l’Irlande, le Luxembourg, les Pays Bas, la République tchèque, le Royaume Uni, la Suisse ont été touchés dont 41% des cas pour la Belgique , l’Allemagne et la France.

La cause :

Un acide aminé: l’Hypoglycine A présent dans les graines de l’Acer (érable) negundo, et surtout de l’Acer (érable) pseudoplatanus /sycomore. Il n’y a pas de toxicité démontrée pour les autres genres d’érables (érable plane:Acer platanoides).

La toxicité de l’hypoglycine A vient de la transformation, probablement au niveau du foie, en MCPA, un perturbateur de la Béta-oxydation.

La conformation des fruits (samares) prédispose à la dissémination par le vent sur un rayon d’action plus large que l’arbre lui même.

Une fois ingérée, l’hypoglycine A est métabolisée comme un composé toxique en engendrant des désordres biochimiques sévères.

La dose toxique est inconnue et le risque semble varier d’un animal à l’autre.

Erable sycomore (arbre, fleurs, plantules, et samares) :

Erable negundo :


Les signes cliniques :

Emission d’une urine foncée:Myoglobinurie (93%).

Faiblesse généralisée (85%).

Raideurs (83%).

Psychisme déprimé (80%)

Fréquence cardiaque augmentée (79%).

Cheval couché sur le flanc (78%).

Appétit conservé (72%).

Tremblements ( 68%).

Sudation ( 64%).

Température rectale 37/38°c (60%).

Distension de la vessie (58%).

Muqueuses congestives (couleur rouge) (53%).

Difficultés respiratoires (49%).

Coliques (40%).

Souffle cardiaque (40%)

Hypothermie (29%).

Anorexie ou dysphagie (28%).

Difficulté à déglutir ( 23%).

Appétit exacerbé ( 18%).

Hyperthermie ( 11%).

Enzymes musculaires :

Toujours augmentées : CK :>10000 UI/L (moyenne 740864 +/- 1362673 UI/L).

Valeurs normales CK : <200 UI/L.

+AST augmentées : 43771 +/-15000 UI/L. Valeurs normales : <400 UI/L.

+LDH augmentées : 48300+/- 39000UI/L. Valeurs normales : <400UI/L.

Rq : La présence d’hypoglycine A indique que le cheval a ingéré cette molécule mais cette observation n’a pas de valeur diagnostique et son dosage n’a pas de valeur pronostique.

Le diagnostic est confirmé par un profil métabolique particulier et / ou la présence de MCPA dans le sang. Le pronostic de survie peut être établi à partir du dosage de 3 Acylcarnitines.

Comment prévenir la maladie ? :

Il est difficile d’empêcher la présence de samares sur les pâtures. Même en évitant de planter des érables à proximité des prairies ou en limitant leur progression, la dissémination des graines par le vent est importante ( jusqu’à 100 mètres de l’arbre). La précaution vise à diminuer les risques. Reconnaître les érables pouvant véhiculer cette toxine, peut aider à évaluer le risque que représentent certaines pâtures ( pas d’érables, pas de samares, pas de plantules, pas de risques!).

D’un point de vue environnemental il est civique d’appliquer : un arbre coupé , un arbre planté.

Les études des cas des années précédentes amènent à conseiller de :

*Complémenter le chevaux vivant au pré.

* Réduire le temps passé en pâture lors des saisons à risque.

* Rentrer le chevaux les jours de pluie et de grand vent.

* Laisser une pierre à sel à disposition.

* Abreuver avec l’eau du réseau, nettoyer régulièrement les abreuvoirs.

Cependant il n’est pas à exclure que la toxine puisse être présente dans les fruits d’autre espèces d’arbre. C’est pourquoi la recherche Européenne s’attache à :

* Mettre en place des outils de dosages de l’hypoglycine afin de pouvoir investiguer l’environnement.

*Elaborer un test spécifique de diagnostic et pronostic.

Traitement :

Aucun antidote de la toxine n’existe actuellement.

La mortalité est de 74 % ( survie 26%!).

Un traitement symptomatique doit être mis en place le plus rapidement possible : mettre le cheval à l’abri si cela est possible, perfusion avec administration de vitamines et antioxydants pour soutenir la fonction musculaire et le métaboliques.

Eviter le stress et toute dépense inutile d’énergie ( ne pas obliger le cheval à se lever).

Si il est debout, déposer la tête sur un support pour qu’elle ne soit pas trop basse ( uniquement pour un cheval en milieu hospitalier) .

Si il est couché, retourner régulièrement le cheval en décubitus latéral (uniquement pour un cheval en milieu hospitalier).

Réchauffer le cheval (couverture ,paille, le rentrer dans un box proche si le cheval est encore debout,…).

L’apport énergétique doit être assuré via les glucides puisque le cheval ne peut plus temporairement utiliser les lipides ( mâche avec mélasse,perfusion adaptée). Surveiller la glycémie.

Il est nécessaire de favoriser l’élimination de la toxine : paraffine ou charbon de bois ,apport en carnitine, vitamine B2,vitamine B1, Vitamine E et sélénium. L’administration de paraffine reste controversée car à la seringue elle représente un risque d’erreur de lieu et à la sonde elle constitue un stress. De plus quand les signes cliniques sont présents, l’hypoglycine A a déjà été assimilée de ce fait la paraffine ne présente pas d’intérêt sauf en cas de stase digestive.

Des mesures sont à prendre pour protéger les compagnons de pâture.

Réseau de surveillance :

Depuis émergence de la MA, a été constitué un réseau d’alerte : AMAG ( Atipical Myopathy Alert Group) , il rassemble des chercheurs et praticiens européens confrontés à cette pathologie. Il est initié et géré par l’Université de Liège ( Belgique). Le groupe collecte les informations épidémiologiques et cliniques auprès des propriétaires de chevaux et des vétérinaires et informe les professionnels de la filière équine lors de l’émergence de séries cliniques.

Le RESPE ( Réseau d’EpidemiSurveillance en Pathologie Equine) participe au réseau Européen.

Retrouvez les informations sur le site :

http://labos.ulg.be/myopathie-atypique/

Si vous avez connaissance d’un cas ,vous pouvez le déclarer sur :

http://labos.ulg.be/myopathie-atypique/diagnostic_veterinaire/

Cest une nécessité de déclarer les cas pour alimenter les alertes.

Attention toutes les consultations sont uniquement sur rendez vous

Association vétérinaire de la saulx

ASS VETERINAIRE LOGEROT BAUDUIN
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